Passages
Il existe des instants où le réel cesse d’être stable.
Où une aile, une vague, une silhouette ou un feuillage deviennent autre chose que ce qu’ils sont.
Ces photographies explorent précisément ce moment-là : l’instant du passage, fragile, fugace, presque imperceptible.
Ici, rien n’est figé.
Les oiseaux quittent le cadre avant même d’y entrer, l’eau se tord en calligraphies mouvantes, la lumière glisse sur le végétal, un corps danse jusqu’à se dissoudre. Les formes se mêlent, les matières se répondent, les couleurs se déplacent comme des éclats d’énergie.
Chaque image se situe à la lisière :
entre le visible et l’effacé, entre le geste et sa trace, entre la vitesse et le silence.
Le flou n’est pas une perte, mais un langage.
Il dit l’irrépétable, le vivant qui échappe à toute prise, la vibration du monde lorsqu’il cesse un instant de se tenir droit.
Ces photographies ne cherchent pas à décrire, mais à faire sentir :
la traversée, l’élan, la respiration, l’indécision d’une forme en train de devenir.
Elles rappellent que regarder, c’est accepter que les choses existent aussi dans leur mouvement, leur glissement, leur disparition.
Passages est une invitation à habiter ces interstices.
À se tenir dans ce moment où tout bascule — où une image ne montre plus seulement un sujet, mais la transformation qui le traverse.











